Ellis Island, vers le Nouveau Monde

Sources : Internet (wikipédia, blog….), livre « Récits d’Ellis Island » de Georges Perec avec Robert Bober, films « Golden Door », « Titanic » (pour le romantisme….)

« De 1892 à 1924, près de seize millions d’émigrants en provenance d’Europe sont passés par Ellis Island, un îlot de quelques hectares où avait été aménagé un centre de transit, tout près de la statue de la Liberté, à New York. »
« A partir de la première moitié du XIXe siècle, un formidable espoir secoue l’Europe : pour tous les peuples écrasés, opprimés, oppressés, asservis, massacrés, pour toutes les classes exploitées, affamées, ravagées par les épidémies, décimées par des années de disette et de famine, une terre promise se mit à exister : l’Amérique, une terre vierge ouverte à tous, une terre libre et généreuse où les damnés du vieux continent pourront devenir les pionniers d’un nouveau monde, les bâtisseurs d’une société sans injustice et sans préjugés.

Pour les paysans irlandais dont les récoltes étaient dévastées, pour les libéraux allemands traqués après 48, pour les nationalistes polonais écrasés en 1830, pour les Arméniens, pour les Grecs, pour les Turcs, pour tous les Juifs de Russie et d’Autriche-Hongrie, pour les Italiens du sud qui mouraient par centaines de milliers de choléra et de misère, l’Amérique devint le symbole de la vie nouvelle, de la chance enfin donnée, et c’est par dizaines de millions, par familles entières, par villages entiers que, de Hambourg ou de Brême, du Havre, de Naples ou de Liverpool, les immigrants s’embarquèrent pour ce voyage sans retour. »
(Récits d’Ellis Island)

Les émigrants qui passaient par le centre d’accueil Ellis Island, étaient ceux qui voyageait en troisième classe. Ils avaient passé leur voyage en fond de cale, entassés dans des dortoirs sans fenêtre et sans aération.

Sur l’île, les formalités pouvaient durer quelques heures dans le meilleur des cas. Plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour les personnes indésirables.
Une série de questions étaient posées : nom, prénom, âge, avez-vous de la famille en Amérique, etc.

Des officiers examinaient chacun. A l’aide d’une craie, ils traçaient un code sur sa veste, exprimant une maladie ou une infirmité qu’ils pensaient avoir décelées :
C pour tuberculose
E pour les yeux
F pour le visage
H pour le coeur
K pour la hernie
L pour la claudication
SC pour le cuir chevelu
TC pour le trachome
X pour la débilité mentale

Les personnes marquées devaient passer une série d’examens beaucoup plus approfondie.

Tous les espoirs, les attentes, les longues séries d’examen… Pour certains, les formalités étaient rapides. D’autres non. La fatigue, le manque de nourriture. Ils mettaient tous leurs rêves. Ils avaient tout abandonné. Leur pays, leurs racines, leurs amis, une partie de leur famille….

Golden Door, un film d’Emanuele Crialese, raconte le voyage d’une famille italienne, qui quitte son pays. Il croise une jeune femme un peu mystérieuse qui fuit quelqu’un et voudrait refaire sa vie en Amérique. Un très beau film avec Charlotte Gainsbourg.


Je me pose parfois la même question. Comment j’aurais fait à leur place. Est-ce que j’aurais eu la même force pour l’amour de ma famille. Se battre pour leur offrir un avenir meilleur. Comment j’aurais fait ? Tout abandonner, je sais que j’en suis capable. Je m’en fiche des choses que j’accumule de jours en jours… Mais effectivement j’aurais dû mal à me dire, je ne reviendrai plus en France, j’oublie mes racines. Quoique…. lorsqu’on a plus rien à perdre, on est prêt à accepter le pire….

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